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Vendredi 11 mai 2012

TITRES

  • « Nouveautés pour les salariés et les professionnels » (Corriere della Sera)
  • « Gouvernement, 1 Md€ pour les pauvres » (La Repubblica)
  • « Obama : la crise UE pourrait nous contaminer » (La Stampa)
  • « Monti : je mènerai à bien mon mandat » (Il Messaggero)

Politique intérieure

- « Le pacte renouvelé avec le Quirinal d’un Monti combatif » (Stefano Folli, Il Sole 24 Ore) :

« Le message adressé par Mario Monti au chef de l’Etat pour le 6e anniversaire de son élection au Quirinal est bien plus qu’un exercice de circonstance. Monti y dit qu’il souhaite mener à bien le mandat reçu avec toute la détermination nécessaire, insistance interprétée comme la garantie que la législature ira à son terme. Le message, en tout cas, paraît répondre implicitement aux portraits de ces jours-ci dans la presse où le président du Conseil apparaît comme un homme éprouvé, inquiet et seul. Logiquement, le président du Conseil ‘technicien’ ne peut laisser cette image se diffuser, ni laisser un moment de lassitude se muer en cliché qui lui ferait du tort et en interne, pour négocier avec les partis, et en Europe, face aux partenaires. Six mois au palais Chigi valent peut-être 10 ans à la Commission, comme il le dit, mais Monti doit trouver en lui l’énergie physique et morale d’avancer. Au fond, les partis, PdL mais aussi PD, aboient sans pouvoir mordre. Berlusconi sait que renverser Monti équivaudrait à livrer l’Italie à un destin à la grecque, et il a conscience que la partie se joue surtout en Europe, ce qui impose de ne pas déstabiliser Monti, seul à pouvoir négocier avec Merkel et Hollande une solution bonne pour l’Italie. D’où l’appel du Cavaliere à trouver ‘avec l’opposition’ (c’est-à-dire le PD) un accord sur les réformes – on en est loin, mais le propos est d’abord politique. Berlusconi laisse ainsi entendre qu’il n’a pas l’intention de diviser la large non-majorité qui tient le gouvernement sur pied. Du reste, Passera l’a dit, ‘le maintien de la situation sociale est menacé’. Or si le danger se précise, la politique – si elle a encore un sens – doit agir de façon responsable. Le Président de la République demeurera ‘un point de repère sûr’ pour l’exécutif, écrit Monti. Mais Napolitano a, de son côté, besoin d’être rassuré sur le fait qu’au Palais Chigi il y a un homme qui ne se laisse pas dépasser par la pression et la violence des polémiques et qui, en outre, sait faire face à la crise économique avec la juste dose de sensibilité sociale. La lettre de Monti a aussi servi à cela : consolider le pacte Quirinal-gouvernement. »

- « Le signal de Monti entre rigueur et élections » (Marcello Sorgi, La Stampa) :

« Mario Monti voulait-il juste présenter ses vœux au Président Napolitano pour ses six ans de mandat ou a-t-il saisi l’occasion pour réagir aux difficultés qui l’assaillent et aux rumeurs évoquant un gouvernement désormais sur la défensive et un président du Conseil amer devant les obstacles dressés quotidiennement devant lui par les partis ? C’est clair : Monti voulait lancer un signal et il ne s’en est donc pas tenu à un simple message formel à Napolitano. Il en ressort en réalité deux messages voués à faire réfléchir les partis. 1/ Monti entend mener à bien son mandat, sans plus donner trop d’importance aux polémiques internes à sa majorité. Son allusion à la sensibilité politique et humaine du chef de l’Etat face aux citoyens exposés aux sacrifices peut être lue comme une forme d’autocritique de la rigueur excessive et de sa mise en œuvre trop exclusivement ‘technicienne’ jusqu’ici. Ces jours-ci, d’ailleurs, le palais Chigi s’est employé à chercher des solutions rapides aux problèmes les plus urgents (‘sacrifiés’ de la réforme des retraites et paiements en souffrance de l’administration). 2/ Le second signal a trait à la nature de l’exécutif : Monti rappelle à chacun, alliés et adversaires, qu’il tient son mandat du chef de l’Etat directement et que ce ‘gouvernement du Président’ ne peut donc être contraint à des tractations sans fin sur chaque point de son programme. Déduction : sur les questions depuis trop longtemps en suspens, Monti entend aller à des issues rapides et, s’il le faut, engager la confiance, sachant pouvoir compter sur la solidarité du Quirinal. Dans la confusion actuelle, on voit mal le message du président du Conseil produire des effets immédiats, à en juger au moins par la journée d’hier : à nouveau, le débat sur la loi anti-corruption de Mme Severino a été paralysé – et Berlusconi et le PdL n’ont guère l’intention, semble-t-il, de lâcher prise. »

Politique européenne

- « L’UE technocrate étouffe la Grèce » (Adriana Cerretelli, Il Sole 24 Ore) :

« Jusqu’ici, l’Europe a affronté la tragédie grecque, selon les cas, avec légèreté, indifférence, présomption ou détachement. Toujours sous la pression des marchés. Sans aucune initiative qui lui soit propre. Sans aucune politique ni vision claires et surtout sans un vrai esprit ‘familial’. Et elle voudrait aller de l’avant ainsi, jusqu’aux nouvelles élections de juin, en distribuant de son piédestal, sur un ton doctoral, punitions et leçons, bloquant les aides, imposant une rigueur draconienne à un peuple qui, prostré depuis cinq ans par la récession, continue à la percevoir comme une injustice plutôt que comme une pilule amère destinée à guérir ses nombreux maux. Pourquoi les Grecs devraient-ils corriger le vote qui a désintégré leur démocratie en faisant couler les partis traditionnels (responsables du désastre) pour récompenser les extrémistes et le populisme anti-gouvernemental, anti-européen et anti-austérité ? Le 6 mai l’exaspération, le désespoir, le sentiment de solitude et d’isolement face aux dogmes intouchables du cynisme européen ont triomphé à Athènes. ‘Ils nous ont utilisé comme des cobayes’ lance, amer, George Papandreou. La Grèce vit depuis des mois au bord du précipice. Désormais, elle a trop peu à perdre sinon l’appartenance à une Europe qui cache difficilement sa gêne, voire son intolérance, envers un petit partenaire (2% du PIB), rebelle, laxiste et indiscipliné. Changer de direction ? Oui, à condition d’avoir à faire à une Europe sévère certes, mais raisonnable. Il reste du temps à disposition, si on le souhaite, pour éviter la dérive d’intolérance envers la dynamique démocratique et envers l’Europe, en redonnant à cette dernière, à travers un message de confiance, un visage humain – le même qui, il y a 60 ans, a su accueillir une Allemagne désespérée et battue, comme le rappelait hier M. Schultz, président du Parlement européen. Aujourd’hui, l’éventuelle sortie de la Grèce de l’euro pourrait déclencher un effet domino incontrôlé. Pour éviter que la tragédie grecque ne se transforme en tragédie européenne, il suffirait d’un petit geste de courage, de gouvernance : rigueur mitigée par des délais la rendant plus acceptable et des stimulations vraies et rapides à la croissance économique UE. L’Europe parviendra-t-elle à retrouver la clairvoyance de ses origines ? »

Politique étrangère

- « Nous qui regardons ailleurs », (Franco Venturini, Corriere della Sera) :

« Les bombes de Damas, comme tant d’autres, ont une origine incertaine. Le régime d’Assad les utilise pour répéter que ses adversaires sont des ‘terroristes’ et ne méritent donc pas le soutien de la communauté internationale. Le front de ses opposants montre du doigt les tout-puissants services secrets du Président, et évoque une provocation ourdie par le pouvoir dans un parfait style de ‘stratégie de la tension’, et se prépare à de nouvelles batailles, plus dures encore. Et puis il y a l’hypothèse du protagoniste-ombre : Al-Qaida, le terrorisme islamiste, qui en Syrie surfe sur la guerre civile pour ouvrir de nouvelles portes à ses infiltrations déstabilisatrices. Deux bombes, trois auteurs possibles, une mare de sang. L’impuissance de l’Occident est renfermée dans cette horrible équation que personne ne résoudra. Que faire, espérer secrètement que les hommes d’Assad rétablissent l’ordre ? Impossible, non seulement parce qu’ils n’y arriveraient pas, mais aussi parce que nous avons assisté à trop de massacres de civils innocents. Et s’il est crédible que les rebelles syriens aient aussi recours à la désinformation, des envoyés courageux – comme notre Viviana Mazza – et les réseaux internationaux nous ont fourni des témoignages indubitables. Se ranger alors du côté des insurgés sunnites qui n’en peuvent plus d’Assad et de sa coupe alawite ? Mettre sur pied une intervention ? Favoriser l’afflux d’armes provenant de la frontière libanaise avec le soutien de l’Arabie saoudite et du Qatar ? C’est tout aussi impossible, du moins pour le moment. Les groupes rebelles sont divisés, et ils ne sont pas tous rassurants. Le précédent de la guerre en Libye – aujourd’hui proche de l’éclatement – est dans tous les esprits, et fait frissonner lorsque l’on pense à la poudrière dans laquelle se trouve la Syrie : Turquie, Iran, Liban, jusqu’à Gaza. En cas de contagion, l’incendie pourrait se révéler être incontrôlable et faciliter l’expansion d’un djihadisme qui connaît paradoxalement une accélération depuis la mort de Ben Laden, notamment au Pakistan, au Yémen et au Sahel. Tels sont les dilemmes qui tourmentent l’Occident, jusqu’à le réduire au rang de spectateur. Malgré ses bonnes intentions, le plan Annan a déjà échoué. La crise économique est grave mais n’efface pas tout ; le pouvoir des images ruisselantes de sang ne s’est pas dissous. Ce ne serait pas la première fois que la dynamique de l’horreur rende possible demain ce qui ne l’est pas aujourd’hui. »

Economie

- « La croissance s’éloigne » (Marco Girardo, Avvenire) :

« La croissance s’éloigne de plus en plus. Le Centre d’études de Confindustria ne présente pas un bulletin de guerre mais nous n’en sommes pas loin : la probabilité d’une contraction du PIB au 2e trimestre, plus importante que celle prévue en décembre (-0,3%), voire que celle du 1er trimestre (-0,1%) augmente sensiblement. Aux craintes des experts du Patronat italien s’ajoutent les données de l’Institut de statistique (ISTAT) : la production en mars augmente après deux mois de contraction mais les prévisions restent faibles. Les perspectives économiques italiennes ne semblent pas évoluer, le pays étant destiné à une contraction du PIB jusqu’en été. Selon le taux des données corrigées des variations saisonnières de l’ISTAT, la production industrielle italienne a progressé de 0,5% en mars sur un mois après un repli de 0,7% en février et une chute de 2,5% en janvier. Le taux des jours travaillés a enregistré une baisse de 5,8% après celle de 6,8% de février. La récession italienne, commencée au 3e trimestre de 2011, devrait donc se confirmer dans le 1er et 2e trimestre de 2012, portant ainsi à 4 le nombre consécutif des périodes à signe négatif pour le PIB. Les prévisions sur la consommation du centre d’études de Confindustria, elles, ne sont guère meilleures. La confiance des familles a atteint en avril son record négatif, - 3,8 pts par rapport à celui, historique, de juillet 2008. Parmi les causes, la hausse des prix de consommation d’électricité (+34,8% par rapport à octobre 2009 et +16,6% confrontés à ceux de 2008). Les dépenses sont freinées par une épargne plus élevée pour des raisons de précaution, cette dernière étant alimentée par l’incertitude sur le montant réel des charges fiscales. Enfin le marché du travail empire, le taux de chômage allant de 8,3% en août à 9,3% en mars, face à une baisse des employés (-0,2%) et à l’augmentation de la force de travail (+1,5%) venant surtout des femmes (+2,1% contre +1,1% des hommes). »

France

- « Le premier pas de Hollande : le retrait des Français de Kaboul », (Umberto De Giovannangeli, L’Unità) :

« Selon une source proche du nouveau Président, la décision sera annoncée au prochain sommet de l’OTAN, qui se tiendra les 20 et 21 juin à Chicago. L’entourage de Hollande est conscient que le retrait des forces françaises d’Afghanistan posera problème au siège de l’OTAN et avec les alliés européens, mais ce ‘tremblement de terre’ a été pris en compte : selon la source parisienne, ‘le moment est venu de tourner la page en Afghanistan et d’indiquer d’autres formes de soutien international au gouvernement Karzaï, notamment en ce qui concerne la sécurité. C’est ce que nous nous apprêtons à faire’. Pour G. Merlicco, chercheur à l’Institut des Affaires Internationales, ‘Hollande a pris des positions en net désaccord avec Sarkozy sur deux questions : l’Afghanistan et l’Europe. Conscient de l’impopularité de la mission afghane, Hollande a déclaré qu’en cas de victoire il rapatrierait le contingent français avant fin 2012. Il a précisé que la collaboration avec Kaboul continuerait et que le retrait se ferait en accord avec les autres pays membres de l’OTAN. Il faut toutefois rappeler qu’il s’agit d’une échéance qui anticipe de deux ans le terme fixé par les Etats-Unis, qui prévoient le retrait des troupes en 2014’. Le choix de Hollande ouvre un autre front critique entre Paris et Berlin : Merkel a répété fermement hier la nécessité de respecter le calendrier fixé par l’OTAN, soit 2014. Cette accélération de Hollande invite notamment les alliés européens, dont l’Italie, à s’interroger sur leurs propres choix. »./.


Dernière modification le 11.05.2012

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