Tout ce que vous voulez savoir sur la restauration ! [it]

Entièrement restaurée pour la première fois de son histoire, la galerie des Carrache a rouvert ses portes le 17 septembre, après 18 mois de travaux. Qui ? Comment ? Combien ? Découvrez tout ce que vous devez savoir sur cette restauration exceptionnelle.

Blason Farnèse, avant et après restauration Stemma Farnese, prima/dopo restauro
Blason Farnèse, avant et après restauration
Stemma Farnese, prima/dopo restauro
Triomphe Bacchus et Ariane (détail), avant et après restauration Trionfo Bacco e Arianna (particolare), prima/dopo restauro
Triomphe Bacchus et Ariane (détail), avant et après restauration
Trionfo Bacco e Arianna (particolare), prima/dopo restauro
Polyphème et Galatée (détail), pendant et après la restauration Polifemo e Galatea (particolare), durante/dopo il restauro
Polyphème et Galatée (détail), pendant et après la restauration
Polifemo e Galatea (particolare), durante/dopo il restauro
Persée et Phinée (détail), avant/pendant/après restauration Perseo e Fineo (particolare), prima/durante/dopo restauro
Persée et Phinée (détail), avant/pendant/après restauration
Perseo e Fineo (particolare), prima/durante/dopo restauro
Stucs (détail), avant et après restauration Stucchi (particolare), prima/dopo restauro
Stucs (détail), avant et après restauration
Stucchi (particolare), prima/dopo restauro
Décor pariétal nord-est, avant et après restauration Parete nord est, prima/dopo restauro
Décor pariétal nord-est, avant et après restauration
Parete nord est, prima/dopo restauro
Vue complète voûte, avant restauration Volta, prima del restauro
Vue complète voûte, avant restauration
Volta, prima del restauro
Vue complète voûte, après restauration Volta, dopo il restauro
Vue complète voûte, après restauration
Volta, dopo il restauro
Triomphe Bacchus et Ariane, avant restauration Trionfo Bacco e Arianna, prima del restauro
Triomphe Bacchus et Ariane, avant restauration
Trionfo Bacco e Arianna, prima del restauro
Triomphe Bacchus et Ariane, après restauration Trionfo Bacco e Arianna (particolare), dopo il restauro
Triomphe Bacchus et Ariane, après restauration
Trionfo Bacco e Arianna (particolare), dopo il restauro
Stucs (détail), pendant restauration Stucchi (particolare), durante il restauro
Stucs (détail), pendant restauration
Stucchi (particolare), durante il restauro
Nettoyage stucs (détail) Pulitura stucchi (particolare)
Nettoyage stucs (détail)
Pulitura stucchi (particolare)
Réintégration picturale (détail) Reintegrazione pittorica (particolare)
Réintégration picturale (détail)
Reintegrazione pittorica (particolare)
Restauration voûte en cours Restauro volta in corso
Restauration voûte en cours
Restauro volta in corso
Restauration stucs en cours Restauro stucchi in corso
Restauration stucs en cours
Restauro stucchi in corso

Première restauration complète

Il s’agit de la première restauration complète de ce chef-d’œuvre réalisé entre 1597 et 1608 par le peintre Annibale Carracci, aidé de son frère Agostino et de ses élèves. Si certaines restaurations ponctuelles et localisées de la galerie ont eu lieu entre le XVIIe et le XIXe siècle, c’est la première fois que les peintures murales et les stucs (d’une superficie totale de plus de 600m2) font l’objet d’une intervention d’ensemble.

Un souci constant de rigueur scientifique

Sous l’égide d’un comité scientifique composé de 35 membres éminents venus de l’Europe entière, le choix a été fait d’une restauration conservative, respectueuse de l’œuvre et de sa mémoire historique.

Rendue nécessaire par les dommages subis au cours du temps (infiltrations, fissures, noircissement des peintures), la restauration s’est faite en deux étapes. La galerie a d’abord été mise en sécurité et consolidée, puis elle a fait l’objet d’un nettoyage délicat, avec l’objectif de retrouver une harmonie d’ensemble entre parois et voûte.

S’agissant des peintures murales, le parti pris a été de conserver, lors du nettoyage, la mémoire historique de l’œuvre, notamment les interventions raffinées conduites par le peintre italien Carlo Maratti, opérées dans la seconde moitié du XVIIe siècle. En revanche, une véritable intervention de restauration a été engagée sur les stucs qui avaient été plusieurs fois repeints au fil des siècles. La découverte de la couche originale de stuc en bon état de conservation a permis au décor des parois de retrouver toute sa luminosité d’origine. Les statues des niches (qui sont des moulages des statues originelles), également nettoyées, ont été replacées dans leur ordre originel.

Cette restauration historique a mobilisé de grands professionnels, les 26 restaurateurs italiens appartenant à 6 entreprises réunies sous le nom d’ATI Farnese, sélectionnés en janvier 2013 à l’issue d’un appel d’offres international : Studio C.R.C. de Paolo Pastorello, Fondazione La Venaria Reale, Erre Consorzio, Giorgio Capriotti, Luisa Barucci, Daniela Milani. Leur travail minutieux, réalisé à la main, centimètre par centimètre, a été soutenu en permanence par des recherches et analyses scientifiques, réalisés par la société Emmebi et avec la collaboration gracieuse du Laboratoire de restauration des Musées du Vatican. Employant toute la palette des outils et technologies disponibles (imagerie scientifique, analyses chimiques, notamment), ces analyses ont permis de mieux comprendre les techniques employées par les artistes, d’anticiper des difficultés techniques et d’orienter la méthodologie de restauration appliquée par les restaurateurs.

Les techniques utilisées ont presque exclusivement été des techniques largement éprouvées, comme le nettoyage des fresques avec des compresses de papier du Japon et d’eau ou l’injection dans les fissures d’une résine invisible au séchage. Certaines situations problématiques sans solution évidente, comme l’altération de couches de bleu de certaines fresques, ont nécessité des solutions innovantes, comme l’utilisation de l’algue japonaise funori.

De nouvelles découvertes à admirer

Une des principales découvertes effectuées lors de la restauration a été la mise au jour de nombreux dessins et inscriptions sur les parois de la galerie, de nature très variée : signatures, dates, dessins, portraits, esquisses d’après les fresques de la galerie. Le choix a été fait de les nettoyer et de les préserver, dans la mesure où ils témoignent du processus créatif d’élaboration de la galerie, de la vie du chantier à l’époque des Carrache et de la réception critique de l’œuvre auprès des artistes des XVIIe et XVIIIe siècles.

Le fruit d’une coopération franco-italienne exemplaire

La restauration de la galerie, conduite par l’Ambassade de France en Italie, maître d’ouvrage, et le Ministère des biens culturels, maître d’œuvre, est le résultat d’un travail d’équipe franco-italien exemplaire, rendu possible par le World Monuments Fund, mécène international exclusif de l’opération. La direction des travaux a été assurée par les services spécialisés du ministère des biens culturels, la Surintendance spéciale pour le Patrimoine historique, artistique et ethno-anthropologique et pour le pôle muséal de la Ville de Rome (compétente pour les peintures murales) et la Surintendance pour les biens architecturaux et paysagers de la ville de Rome (compétente pour les stucs), avec la collaboration de l’Institut supérieur pour la conservation et la restauration.

Un mécène international exclusif

Le World Monuments Fund (WMF) est la plus importante organisation internationale privée consacrée à la sauvegarde des monuments historiques et des sites dans le monde. Créé il y a 50 ans, le WMF a soutenu et soutient la restauration de nombreux monuments du patrimoine italien, et notamment celles de la statue du Colleone à Venise, de l’abbaye de San Clemente a Casauria, monument gravement endommagé par le tremblement de terre des Abruzzes, de la chapelle de Teodolinda à Monza, ainsi que d’une partie des jardins du Palatin. Pour soutenir cette restauration, le WMF Europe a bénéficié de l’appui de ses partenaires, le Robert W. Wilson Challenge to conserve our heritage et la Fondation de l’Orangerie pour la Philanthropie Individuelle et a apporté au projet environ 800.000 euros. Le ministère des biens culturels et du tourisme a également apporté sa contribution financière au projet, à hauteur de 200.000 euros environ, pour les études préliminaires à la restauration.

Lors de sa présentation à la presse, le ministre des biens culturels et du tourisme, Dario Franceschini, a déclaré : “La collaboration totale et constante entre le Ministère - à travers les Surintendances et l’Institut supérieur pour la conservation et la restauration - et l’Ambassade de France en Italie, a été le grand atout de cette importante restauration qui restitue la splendeur de la Galerie des Carrache du Palais Farnèse au monde. Ces efforts harmonieux vers le même but ont permis de mener avec succès une intervention délicate, sur une superficie très étendue, déjà soumise à deux importantes restaurations ».

A cette même occasion, l’ambassadrice de France en Italie, Catherine Colonna, a déclaré : « l’achèvement de la restauration complète de la galerie est pour l’Ambassade un moment important et émouvant de l’histoire qui l’unit à l’Italie. Il marque l’engagement renouvelé de la France à transmettre ce patrimoine commun de l’humanité que nous avons reçu en héritage. Je suis fière d’avoir pu mener à son terme ce projet initié en 2011 par l’Etat italien et l’un de mes prédécesseurs, Jean-Marc de la Sablière, puis soutenu et engagé par son successeur, Alain Le Roy, grâce à l’exceptionnelle alchimie franco-italienne qui a marqué ce chantier. Je voudrais exprimer toute notre gratitude à l’égard du World Monuments Fund Europe et à Bertrand du Vignaud, dont le talent et l’engagement au service du patrimoine sont connus de tous, ainsi qu’aux généreux donateurs Robert W. Wilson Challenge et la Fondation de l’Orangerie pour la philanthropie individuelle. »

De même, Bertrand du Vignaud, World Monuments Fund Europe, a déclaré : « La restauration de la galerie des Carrache coïncide avec la commémoration des 50 ans du World Monuments Fund. Ce projet prestigieux témoigne de la capacité de l’organisation d’adopter la restauration de certains des monuments les plus emblématiques d’Europe et du monde, et d’associer la générosité de ses mécènes américains à celle de ses partenaires internationaux. La qualité remarquable des travaux est un nouvel exemple de l’excellence du travail des restaurateurs italiens. Un grand nombre d’amateurs d’art et de touristes pourront désormais redécouvrir la galerie qui, je l’espère, sera notre meilleure alliée pour convaincre des mécènes potentiels de soutenir la restauration d’autres éléments du patrimoine architectural. »

Dernière modification : 21/09/2015

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