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Accueil » Actualités et Médias » Revue de la presse italienne » Revue de la presse italienne - Année 2012 » Revue de la presse italienne - avril 2012

Samedi 28, Dimanche 29 et Lundi 30 avril 2012

TITRES

  • Lundi :
  • « Les maires rebelles contre la nouvelle taxe d’habitation » (Corriere della Sera)
  • « Rome-Berlin, le plan secret » (La Repubblica)
  • Dimanche :
  • « Toutes les manœuvres du Fisc » (Corriere della Sera)
  • « Coupes budgétaires pour l’école, la police et les prisons » (La Repubblica)
  • Samedi :
  • « Nouvelle augmentation du prix de l’électricité » (Corriere della Sera)
  • « Taxes locales, mille euros par famille » (La Repubblica)

Politique intérieure

- Editorial de Ferruccio de Bortoli, directeur du Corriere della Sera – « Le respect dû aux contribuables » (dimanche) :

« Mai sera un mois décisif pour le gouvernement. L’exécutif Monti a bien agi en général, mais il s’est affaibli : il a besoin d’un nouvel élan. Si la croissance est l’objectif principal, il est nécessaire que le gouvernement donne des signaux concrets dès la semaine prochaine. Pas de vagues engagements à réduire la dépense publique ou des discours professoraux sur les vertus de la ‘révision des dépenses’, ce qui traduit veut dire : nous cherchons au moins à comprendre où finit l’argent public. En premier lieu, il serait dit que la pression fiscale, aujourd’hui proche de 45%, n’augmentera plus. Ou mieux, il la diminuera, en particulier sur le travail, en l’écrivant en toutes lettres dans le prochain projet de loi sur la réforme fiscale. Puis : que la clause de sauvegarde, déjà introduite par le gouvernement précédent, sera simplement annulée. L’équilibre budgétaire ne sera atteint qu’avec la compression des sorties du budget. Les recettes attendues pour la nouvelle taxe foncière est de 21 milliards. Les taxes ont un effet récessif, mais pas les coupes visant la dépense publique. Elles ont cependant des coûts personnels et politiques plus élevés. Les Italiens supportent des sacrifices considérables, et ne comprennent pas pourquoi l’entreprise Etat, qui souvent ne paye pas les arriérés, ne réussit pas à épargner comme l’entreprise dans laquelle ils travaillent. De même, les organismes locaux, responsables de la moitié des dépenses, ont-ils ce sens de l’urgence ? Comme si l’on pouvait puiser sans fin dans les dépenses publiques. On a pensé que l’on pourrait toujours s’endetter et décharger le poids de l’inefficacité, à travers les impôts, sur les familles et les entreprises. La moitié des pratiques publiques sont inutiles sinon nuisibles. Ce n’est pas avec ça que l’on crée la croissance. Des régions entières ne savent même pas combien elles dépensent pour la Santé. Le scandale est là : dans l’incapacité hypocrite et la volonté apparente où l’on mesure l’ampleur de cette immense décharge abusive de nos défauts nationaux que représente la dépense publique. »

- « Le président du Conseil demande des mesures à l’UE pour rassurer l’Italie » (Massimo Franco, Corriere delle Sera de samedi) :

« Changement de ton en Europe – et changement probable aussi quant aux moyens visant à donner du contenu au nouveau mantra sur la croissance. Le fait que Mario Monti ait été le seul chef de gouvernement à rencontrer Barroso peut être signe d’une difficulté plus importante pour l’Italie par rapport aux autres nations, ou bien d’une capacité particulière de notre pays en termes de médiation et de persuasion envers d’autres alliés. Pour Monti, c’est une carte à jouer dans les rapports avec les partis. Dans les 15 derniers mois, 7 gouvernements (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, Slovaquie, Hollande et Grèce) européens ont changé, pour la plupart à cause de la crise, et le 6 mai il pourrait y en avoir un nouveau également en France. La crainte d’un nouvel ‘effet domino’ est réelle et pour cette raison on assiste, sinon à un changement de stratégie, du moins à une attitude différente. Il s’agit de prendre acte que ce qui a été fait ne suffit pas, et que les anticorps produits pourraient être dangereux pour la tenue du système. Seules les oppositions, de l’IdV à SeL jusqu’au mouvement du comique-prédicateur Grillo, demandent des élections anticipées. Mais la tentation de suivre ce que l’on nomme, sans doute un peu rapidement, ‘antipolitique’ est plus diffuse de ce qu’il n’y paraît. Le mécontentement du PdL est profond – et dû en partie aux craintes du résultat des élections locales du 6 mai. Et s’ajoute la préoccupation objective vis-à-vis du spread (au-dessus de 400 points) alors que les agences de rating déclassent l’Espagne. La rencontre de Berlusconi avec Napolitano semble avoir confirmé l’exaspération de l’ancien président du Conseil face à l’acharnement judiciaire dont il se dit l’objet. Cependant, la stabilité du gouvernement n’est pas en danger. Berlusconi a d’ailleurs confirmé au Président de la République son soutien à Monti. La requête est de travailler pour la croissance et de ne pas décharger sur les familles et les entreprises le poids des mesures. Les critiques sur l’IMU (la nouvelle taxe d’habitation) ont déjà été exprimées par Alfano, secrétaire du PdL, mais il a défendu Napolitano – ‘un exemple de sagesse’ – contre les insultes de Grillo, signe que la relation reste bonne. Protégé par le bouclier de Napolitano et celui de la BCE et de l’Europe, Monti peut espérer en une croissance guidée par Bruxelles, mais il devra calmer les craintes d’une politique traquée par les électeurs. »

Politique étrangère

- Entretien avec A. F. Rasmussen, Secrétaire général de l’OTAN, dans le Corriere della Sera – « L’OTAN travaille au retrait. L’armée de Kaboul sait maintenant tenir tête aux Talibans » :

« Les Talibans sont affaiblis. Dans le même temps, nous enregistrons une croissance et une capacité plus grande des forces de sécurité afghanes qui arriveront à 350.000 unités cet automne, mais surtout leur qualité s’est améliorée. Elles ont affronté de manière professionnelle à des défis difficiles. Je suis donc optimiste : respectons notre feuille de route et nous achèverons le retrait en 2014. Une des leçons de la guerre en Libye pour les Européens ? Nous manquons de certaines capacités critiques. Nous devons suivre la ligne de la ‘défense intelligente’ : c’est-à-dire utiliser de manière efficace mes ressources que nous avons, sans nécessairement les augmenter. Il s’agit d’acquérir ensemble systèmes et capacités que seuls nous ne pouvons nous permettre. Nous suivons de près la situation en Syrie et nous condamnons avec force la répression qui frappe la population civile mais l’OTAN n’interviendra pas. L’idéal serait de trouver une solution pacifique sur la base du plan Annan. »

- « Un engagement pour l’Italie » (Franco Venturini, Corriere della Sera) :

« Nous devons nous révolter contre l’atroce habitude que devient le massacre de chrétiens dans de nombreuses parties du monde. Nous devons cesser de les condamner sans réagir, de les considérer comme exécrables mais presque ‘normaux’ dans des pays où la diversité religieuse est nulle ou alimente d’anciens conflits. Les morts du Nigéria et du Kenya doivent au moins servir à rompre la conjuration du silence, à dépasser les prudences diplomatiques, à reconnaître qu’une ‘purification antichrétienne’ est en cours, destinée sur le long terme à frapper toutes les religions qui refusent de se plier aux interprétations et aux pratiques les plus fondamentalistes. Les chrétiens vivent un martyre particulier, étant en très forte croissance numérique en Afrique, alors qu’ils perdent du terrain sur les continents européen et américain. Mais aussi parce qu’en Afrique et ailleurs, ils sont identifiés à la civilisation occidentale, avec l’ennemi que la guerre sainte doit frapper, avec les étrangers qui veulent contaminer et défigurer la pureté de la vraie foi. On peut ainsi dresser la carte d’un massacre qui devient sans limites. En Inde, les chrétiens sont dans la ligne de mire tant des hindous que des islamistes. Ils ont versé beaucoup de sang en Irak, et tentent désormais massivement d’en émigrer. Le Pakistan est encore agité par la condamnation à mort d’Asia Bibi, chrétienne accusée de blasphème. On trouve de nombreuses situations similaires en Arabie Saoudite, en Indonésie, au Soudan ou en Somalie. Les coptes d’Egypte et les chrétiens de Syrie sont en danger. Les chrétiens du Nigéria ont été frappés dans leurs lieux de culte par les fondamentalistes de Boko Haram. Le massacre des chrétiens se rapproche du ‘conflit des civilisations’ prévu par Samuel Huntington. Les islamistes radicaux ne comprennent pas que la tolérance religieuse leur sert ou leur servira, ils ignorent les conflits qui divisent déjà sunnites et chiites, ou Frères musulmans et salafistes. Le gouvernement italien doit porter la question des persécutions des chrétiens devant le G8 qui se tiendra dans moins de vingt jours à Camp David, et obtenir des gouvernements concernés qu’ils abordent ce problème avec énergie. Il faut mettre fin à cet insupportable silence international. »

Economie

- « La fable de la confiance est terminée » (Paul Krugman, La Repubblica) :

« Tout d’abord, la bonne nouvelle : on a finalement admis que les mesures d’austérité ne fonctionnent pas. Mais voici la mauvaise : les perspectives de changement paraissent toujours aussi minces. C’est au cours de ces derniers mois que la fable de la confiance est morte. Ces dernières années, une grande partie des experts et des hommes politiques européens et américains sont restés prisonniers d’une doctrine économique destructive : une théorie selon laquelle les gouvernements auraient dû affronter la dépression de l’économie non pas en augmentant la dépense pour compenser la chute de la demande privée, mais avec la rigueur fiscale et les coupes dans la dépense publique. Certains critiques ont dès le départ expliqué que dans une phase dépressive, l’austérité ne ferait qu’aggraver la situation ; mais les tenants de la rigueur soutenaient le contraire, en s’appuyant sur le facteur confiance. Jean-Claude Trichet, ex président de la BCE, déclarait ainsi que ‘les politiques de nature à inspirer de la confiance ne seront pas un obstacle à la reprise économique mais la favoriseront’. On pensait alors à la confiance comme à une fée qui viendrait récompenser les hommes politiques pour leurs vertus fiscales. Heureusement, aujourd’hui, de nombreuses voix influentes ont fini par admettre qu’il s’agissait d’un mythe. Mais on n’entrevoit pas de changement à court terme en Europe, ni aux Etats-Unis. Les miracles de la confiance ne sont pas plus apparus dans l’Amérique de 1929 que de nos jours en Europe. La fée de la confiance ne s’est montrée nulle part, ni en Grande-Bretagne, ni dans les pays périphériques de l’Europe, où de l’Espagne à la Lettonie les politiques d’austérité ont produit des taux de chômage comparables à ceux de la Grande Dépression. Même l’Irlande, citée en 2010 et 2011 comme l’exemple du succès des politiques d’austérité, ne montre aucun signe de reprise et connaît un taux de chômage de 15%. Mais, alors qu’aujourd’hui il est admis que l’austérité ne fonctionne pas, que va-t-il se passer ? Pas grand chose, on peut le craindre, car les tenants de la rigueur continuent de faire peser la peur de finir comme la Grèce si l’on arrêtait les coupes budgétaires. Aujourd’hui de nombreux analystes sérieux soutiennent que l’austérité, en période de dépression économique, ne fait qu’aggraver les problèmes liés à la dette. Le monde est gouverné par une économie‑zombie : le constat de son inefficacité aurait dû conduire à sa mort, et au contraire elle continue d’avancer péniblement sur la même route. Et personne ne peut savoir quand ce règne de l’erreur prendra fin. »./.


Dernière modification le 30.04.2012

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