Protection des espaces agricoles : un enjeu pour les citoyens du monde

Le Pavillon France et la FNSAFER ont organisé une table ronde le 27 octobre, dans le cadre de l’Expo, intitulée : « Nous continuons à détruire cette richesse qui nous fait vivre » . Alors que 2015 a été déclarée année des sols par la FAO, ce débat a permis de tirer la sonnette d’alarme sur la consommation abusive et le plus souvent irréversible de la terre qui est à l’origine de la production agricole et alimentaire. Une fois artificialisé, le sol est définitivement perdu pour l’agriculture. Depuis 1960, la France a ainsi perdu 16% de la SAU, soit 20% du potentiel agricole. Les sols agricoles sont en péril : 6% de la SAU et 8% du potentiel agronomique pourraient disparaitre d’ici 2050, si le rythme actuel est de 45.000 ha artificialisée par an se poursuit. Au niveau mondial, on assiste à un phénomène comparable à raison d’une consommation de 4 à 10 millions d’ha par an. Nourrir les 9,5 milliards d’habitants qui peupleront la planète d’ici 2050 est un défi mondial qui exige une augmentation de la production agricole, et par conséquent la préservation des espaces agricoles, supports de cette production.

« Face à ce défi, il est indispensable de stopper tout gaspillage car le foncier répond au double enjeu de l’alimentation et de l’accès à l’eau, essentiel à la vie humaine » a rappelé Emmanuel Hyest, président de la FNSafer. Cette richesse précieuse ne doit pas non plus faire l’objet de spéculation et c’est pourquoi il faut envisager des politiques foncières de régulation, aux niveaux nationaux mais aussi, ainsi que l’a souligné Alain Berger, à l’échelle mondiale pour protéger les pays les plus pauvres de phénomènes d’accaparement de leurs terres par des grands groupes étrangers. Eviter la spéculation sur les terres et privilégier l’entreprise permet aussi de faciliter sa transmission pour installer de jeunes agriculteurs (comme l’Allemagne le pratique actuellement). « Il est important que les agriculteurs puissent entreprendre, investir et constituer des exploitations rentables » a souligné Emmanuelle Mikosz, membre d’ELO (organisation Européenne de propriétaires de terres). La protection du foncier est intimement liée à la rentabilité économique des exploitations et à la stabilité foncière des exploitants, d’où la nécessité, pour Josiane Béliard, présidente de la Section nationale des propriétaires ruraux (SNPR)) et Jérémy Decerle, vice-président des Jeunes Agriculteurs, de faire évoluer les liens entre exploitants et propriétaires pour rendre attractif l’affectation de leurs terres à l’activité agricole (comme cela se pratique en Italie). Ce sujet concerne tous les citoyens du monde et pas seulement les agriculteurs. C’est un enjeu pour la société dans son ensemble et notamment pour les populations urbaines en forte croissance. A cet égard, le consul général a appelé l’attention des participants sur le Pacte de Milan pour une politique de l’alimentation dans les villes, signé notamment par 7 grandes agglomérations françaises, qui peut être un instrument utile à l’appui des réflexions engagées avec les villes pour protéger les espaces ruraux environnants.

Pour en savoir plus : http://www.safer.fr/

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Dernière modification : 30/10/2015

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