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Mercredi 4 Juillet 2012

TITRES

  • « Coupes budgétaires : un agent public sur dix en moins » (Corriere della Sera)
  • « Santé publique et fonctionnaires : voici les coupes » (La Repubblica, Il Messaggero)
  • « Coupes : dans le viseur, les effectifs et la Santé » (La Stampa)
  • « Coupes dans les effectifs et gel des loyers de l’Etat » (Il Sole 24 Ore)

Politique intérieure

- « Monti : ‘Des coupes, mais pas à la hache. Et en avant jusqu’en 2013’ » (M. Galluzzo, Corriere) :

« ‘La spending review n’est pas un nouveau plan de rigueur, mais seulement une opération structurelle destinée à éviter une hausse de la TVA entre octobre et décembre, ce qui requiert au moins 4,2 Md€’. Voilà la définition donnée hier matin par Mario Monti de l’opération de réduction des dépenses publiques en cours d’élaboration. Rencontrant les régions et les collectivités territoriales, il a ajouté qu’elle ‘servirait à éliminer les gaspillages sans réduire les services’. L’opération est conçue en ‘trois phases’ : 1/ coupes à la Présidence du Conseil et au Trésor, déjà en cours ; 2 / décret-loi qui pourrait être adopté après-demain ; 3/ réorganisation des administrations périphériques et des dépenses des collectivités territoriales. Monti est ensuite allé au Sénat présenter les résultats, encourageants selon lui, du Conseil européen : ‘J’espère que vous verrez, au cours des mois à venir, les fronts italien et européen interagir fréquemment’. Tout de suite après, à Montecitorio, il a réaffirmé son ferme soutien à Elsa Fornero, lors d’une réunion sur le calendrier de travail estival avec les dirigeants de la majorité. Ce matin, Mme Fornero affronte le vote de défiance voulu par la Ligue et l’IdV sur sa réforme. Aujourd’hui, à la Villa Madama, il y aura une rencontre avec Angela Merkel et son gouvernement. Selon Monti, interrogé par la Frankfurter Allgemeine Zeitung, ‘Rome fait ses devoirs, mais beaucoup dépend de la reconnaissance internationale des progrès accomplis et de la confiance exprimée envers l’Italie’ ; son exécutif ‘ne peut réformer les fondations du pays en un an et quatre mois. Mais j’espère, ajoute le président du Conseil, qu’il pourra faire sortir le pays de la crise et le conduire sur une route de croissance.’ »

- « L’hypothèse Monti et la gauche entre ‘continuité’ et ‘discontinuité’ » (Stefano Folli, Il Sole 24 Ore) :

« En coulisses le jeu politique reste confus et décevant : rien ou presque sur les réformes, nul message fort pour le pays, et un mode de scrutin qui reste une énigme. Mais une guerre de positions a démarré, avec Monti comme enjeu central. Question : quel sera son rôle à partir de 2013 ? En un sens, la logique voudrait qu’il reste au palais Chigi, vu le doigté démontré à l’égard des autres dirigeants européens dans une phase de crise qui va durer – au prix d’un vrai enracinement politique du gouvernement ‘technicien’. Au sein de l’UE comme à Washington, la solution plairait. Mais la politique a ses exigences. A 8 mois du scrutin, la confirmation de Monti devrait, en théorie, être réclamée par une ‘grande coalition’ PdL-PD-UdC, un pacte politique porteur d’unité. Or il s’agit de politique fiction, car nous aurons une campagne classique, en vue de laquelle le centre gauche paraît jouir d’un avantage quasi irrattrapable. Par voie de conséquence, c’est au centre gauche qu’il reviendrait de proposer Monti pour l’après-2013. L’accord Casini-Bersani ébauché, à vocation centriste, aurait son meilleur gage dans un Monti maintenu – les montiens n’ayant qu’un mot d’ordre : continuité (en Europe et face aux marchés). Or à droite on ne peut accepter que l’axe à vocation modérée Casini-Bersani (rien de bon pour le PdL) s’approprie le président du Conseil ‘impartial’. Et même à gauche l’idée est contestée. Face aux signaux de D’Alema et Casini, Bersani est resté froid et Fassina, un des siens, dit clairement qu’en 2013 le palais Chigi reviendrait à Bersani, sur un programme ‘progressiste’ reposant sur une ligne de ‘discontinuité’ ‘face aux problèmes du pays et de l’Europe’, après une campagne à gauche et en vue d’un pacte avec le socialiste Hollande. L’approche est à l’opposé de celle des ‘montiens’. Mais dans un tel cadre, quelle place y a-t-il pour Casini, y compris au plan électoral ? Au PD, il y a trop de voix discordantes et trop peu de clarté stratégique. Par chance, les élections sont encore loin. »

Politique européenne

- « Feux de paille, vice européen » (Adriana Cerretelli, Il Sole 24 Ore) :

« Toujours la même Europe, fâcheuse et désespérante. Après l’apparente démonstration d’un minimum de bon sens et de rationalité au sommet de Bruxelles, le soulagement a duré trop peu. Revoici les conflits prévisibles, les habituels distinguos. Au point que Barroso et Van Rompuy ont dû lutter bec et ongles pour défendre, hier, l’accord anti-spread devant le Parlement européen. Ce qui a semé la zizanie est la menace lancée hier à Angela Merkel par son allié Horst Seehofer, n°1 de la CSU : ‘Nous arrivons à un point où la CSU ne peut plus tout approuver. Et sans nos voix, la coalition n’a plus la majorité’. Après les aides à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal et les 100 Md€ aux banques espagnoles, la perspective d’une intervention de soutien envers l’Italie pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase – et ce d’autant plus qu’elle requerrait sans doute de renflouer les fonds de sauvetage. Le malaise allemand pourrait croître avec son isolement face à la triplice Rome-Paris-Madrid, alors que la proportion d’Allemands pro-européens descend à 51%. Tout le monde a conscience des périls qu’il y a à traiter à la légère le cas de l’Italie, vu la taille de son économie, mais certains, en Europe du Nord, jouent avec le feu et rêvent d’un divorce Nord-Sud. Voilà pourquoi hier Barroso a tenu à souligner ceci : ‘il n’y a eu ni vainqueurs ni perdants au sommet de Bruxelles ; nous ne pouvons gagner que tous ensemble et quiconque connaît l’histoire européenne devrait savoir quel danger il y a à manier de telles affirmations’. Christine Lagarde presse implicitement l’UE d’arrêter de jouer contre elle-même : ‘Les décisions du sommet réduisent la contagion dans la zone euro, elles doivent donc être appliquées et non affaiblies’. Hélas, à Bruxelles et à l’entour, même quand il y a des soubresauts positifs, ils continuent de se révéler de simples feux de pailles. »

Politique étrangère

- « Dans l’enfer syrien, 27 lieux de torture » (Umberto De Giovannangeli, l’Unità) :

« Des prisons muées en lieux de torture permanents. Le jour même où Assad s’excusait auprès de la Turquie dans une interview au quotidien turc Cumhuriyet pour un jet abattu qui a causé une crise entre Ankara et Damas, un autre chapitre dans l’horreur : abus, humiliations sexuelles, coups de bâton, recours à l’électricité, fausses exécutions – un aperçu des méthodes brutales de torture utilisées par les principaux services secrets syriens dans 27 centres où sont détenues des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup soumises ‘systématiquement’ à ce genre de pratiques depuis mars 2011, date du début des manifestations contre le régime. Human Rights Watch (HRW) le dénonce dans un rapport intitulé ‘L’archipel de la torture’. Dans ce document de 81 pages, l’organisation lance un appel au Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il dénonce à la CPI la situation en Syrie et qu’il sanctionne les responsables de ces faits. Le rapport, qui repose sur 200 entretiens environ, constitue une âpre dénonciation des méthodes de répression employées par le président Assad, les experts de HRW allant jusqu’à parler de crimes contre l’humanité. Les auteurs seraient les services de renseignement, la police secrète mukhabarat qui dirige 27 centres disséminés à travers le pays dont 10 à Damas, 4 à Ibdlib, 4 à Homs, 3 à Doraa et 2 à Alep. Damas n’ayant pas ratifié le Statut de Rome de la CPI, la Cour ne pourrait avoir juridiction sur la Syrie que si le Conseil de sécurité adoptait une résolution en ce sens. Or, comme HRW le rappelle, la Russie et la Chine ont jusqu’ici bloqué toute tentative d’intervention des Nations Unies dans la crise syrienne. »

France

- « Affaire Bettencourt : des ennuis pour Sarkozy – Perquisition à son domicile et à ses bureaux » (Giampiero Martinotti, La Repubblica) :

« Domicile et bureaux perquisitionnés, les juges recherchent des preuves de versements illicites pour financer la campagne de 2007. De premiers ennuis judiciaires pour Nicolas Sarkozy qui, depuis le 16 juin (un mois après avoir quitté l’Elysée), ne bénéficie plus de l’immunité présidentielle. L’ancien chef de l’Etat étant parti en famille au Canada, il n’était pas présent lors de la perquisition. Menée par un magistrat de Bordeaux, l’opération s’inscrit dans l’enquête tentaculaire centrée sur Liliane Bettencourt, propriétaire du groupe L’Oréal, soupçonnée de versements en liquide en faveur de l’UMP. Selon les enquêteurs, certains retraits en liquide à partir de comptes à Genève ont pu servir à financer la campagne de 2007, hypothèse confirmée par les témoignages de l’ex-comptable et du majordome. Parmi les personnes impliquées figure aussi Eric Woerth, ancien ministre du Travail et ex-trésorier de Sarkozy. Les domestiques de Mme Bettencourt ont parlé de ‘rendez-vous secrets’ entre elle, son mari (ministre de De Gaulle et Pompidou) et Sarkozy : des contacts qui auraient servi à verser de l’argent liquide au candidat. Le journal intime de F.-M. Banier, proche de la milliardaire, évoque une demande d’argent avancée par Sarkozy. D’où la décision des enquêteurs de perquisitionner au domicile de Carla Bruni, dans le XVIe arrondissement, où réside l’ancien président, et dans les bureaux mis à disposition par l’Etat. Selon Le Point, l’examen des comptes de campagne n’aurait révélé aucune irrégularité à ce jour. Mais l’ex président pourrait être entendu dans les semaines à venir. Et le juge qui enquête sur le financement de la campagne Balladur de 1995 s’intéresse aussi à lui. »./.


Dernière modification le 04.07.2012

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