Entretien d’H. Désir "Que l’accueil soit obligatoire, des sanctions pour les pays qui s’y opposent’’ (La Repubblica - 12/09/2015) [it]

Traduction de l’entretien d’H. Désir à Repubblica du 12/09/15

« La France est favorable à un mécanisme obligatoire et permanent de redistribution des réfugiés avec la possibilité d’infliger des sanctions aux Etats qui ne respecteront pas les nouvelles règles ». Harlem Désir était présent, il y a quelques jours, à la frontière entre la Macédoine et la Serbie. « C’est un moment de vérité : sur le droit d’asile l’honneur de l’Europe est en jeu », explique le Secrétaire d’Etat aux affaires européennes. « Nous devons démontrer que nous sommes à la hauteur du défi ».

La France, qui accueillera dix fois moins de réfugiés que l’Allemagne, sera-t-elle à la hauteur ?
« De nombreux réfugiés choisissent d’aller en Allemagne pour diverses raisons. La France reste une terre d’accueil et nous n’avons pas voulu utiliser le mot "quota" parce que justement il n’y a pas de limite à l’asile politique qui est un droit universel. La France est un pays solidaire et ouvert qui soutient le plan présenté par la Commission européenne ».

Comment vaincre l’opposition de certains pays de l’Est ?
« Quelques progrès ont été faits. La Pologne a annoncé qu’elle accueillera plus des 2 000 réfugiés initialement prévus, se rapprochant des requêtes de la Commission ».

Ailleurs malheureusement des murs se dressent, comme en Hongrie.
« Je me souviens encore de la Hongrie qui s’insurgeait contre le rideau de fer. Construire des murs est absurde et inutile, comme nous l’avons vu à la gare de Budapest ».

L’accueil sera-t-il obligatoire ?
« Nous avons tenté de proposer le volontariat. Malheureusement plusieurs pays n’ont pas donné de réponse positive. Il s’agira sera donc un mécanisme permanent et obligatoire. La réponse doit être collective, de tous ».

Et ceux qui ne respecteront pas les règles ?
« Une procédure d’infraction pourra être lancée, exigeant le paiement de sanctions financières telles qu’elles sont prévues par les Traités. Mais j’espère que nous trouverons une solution d’un commun accord ».

Que répondez-vous à ceux qui veulent donner la priorité à certaines minorités poursuivies, comme les Chrétiens d’Orient ?
« Nous ne pouvons pas nous comporter comme les dictateurs ou les groupes de terroristes que fuient ces personnes, et les juger sur la base de leur appartenance ethnique ou religieuse ».

Selon vous, l’afflux des migrants cessera une fois que la guerre en Syrie sera gagnée ?
« Nous sommes en train de mener une stratégie militaire contre l’Is avec la coalition internationale, qui prévoit également des vols de reconnaissance en Syrie, permettant ainsi au président Hollande de décider d’éventuels raids aériens. Mais nous devons trouver en même temps une solution politique et diplomatique pour une transition politique sans Bachar el Assad ».

Dernière modification : 15/09/2015

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