E. Guigou au Corriere : "Il faut distinguer les réfugiés des migrants économiques’’ [it]

Entretien d’Elisabeth Guigou
« Il faut distinguer les réfugiés des migrants économiques »
- Corriere della sera du 12/09/2015

Présidente Guigou, après des années d’appels lancés par l’Italie, l’Europe affronte le problème immigration. Peut-on le résoudre ?
« Je crois que le mécanisme de répartition permanent et obligatoire, prévu dans la proposition Merkel-Hollande – s’il démarre immédiatement – sera efficace. Je crois que nous réussirons à convaincre d’autres pays à participer, du moins économiquement. Personne n’a intérêt à ce que les partis xénophobes grandissent. Les centres d’identification seront importants ».
En une deuxième phase ?
« Il est important de faire la distinction entre réfugiés, que nous devons accueillir, et les migrants économiques, que nous n’acceptons pas. L’identification, les empreintes digitales, sont indispensables pour la libre circulation. Donc, je crois que les deux choses vont ensemble ».
Mais les réfugiés veulent tous aller au Nord.
« Il faut leur offrir les mêmes conditions : un logement et, dans un délai de quelques mois, un travail et l’école ».
Des pays comme l’Italie peuvent-ils se le permettre ?
« Il y a des aides financières. Si nous voulons, les solutions sont là. Il faut soutenir le Haut-commissariat ONU et impliquer les pays de provenance et informer ceux qui partent. La fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh, dont je suis présidente du comité consultatif, financera une application pour smartphone leur fournissant des informations sur le pays d’arrivée. Mais il faut une politique commune ».
Sur la Syrie, la France a choisi l’intervention aérienne
« Pas de frappes mais des vols de reconnaissance pour le renseignement. Nous avons peu d’informations ».
Le président du Conseil Renzi n’a pas été d’accord
« Les interventions militaires sont toujours secrètes. Je crois qu’il faudra davantage d’échanges entre les services de renseignement ».
Au-delà de la surprise, Renzi ne soutient pas l’intervention
« L’Italie regarde la Syrie à travers le prisme de la Libye où plusieurs erreurs ont été faites : on est allé au-delà du mandat et on n’a pas pensé à l’après. Renzi et Hollande ont plusieurs choses en commun ».
Passerez-vous aux frappes aériennes ?
« Je ne sais pas. L’Assemblée en discutera. Quand nous avons eu la preuve que le régime syrien utilisait les armes chimiques sur la population, nous étions prêts à intervenir. Londres, encore sous le choc de la guerre en Irak, a dit non. Obama a dit oui, ensuite non. L’objectif est de donner à la Syrie un gouvernement de transition pouvant impliquer les éléments du régime et de l’opposition démocratique. Il faut soutenir tous ceux qui oeuvrent pour une solution inclusive. Et donc appuyer aussi les efforts de Russie et d’Iran vers cette direction ».

Dernière modification : 15/09/2015

Haut de page